Signé Rokhaya Diallo

Riche demoiselle, la Rokhaya Diallo ! D’humanité d’abord. D’humilité, ensuite et de cette beauté d’âme qui, du dedans, irradie sur l’extérieur. Son visage est très expressif et embellit davantage lorsqu’avec son sourire presqu’enfantin, elle me dit bonjour. Elle est maquillée et apprêtée avec cette veste confectionnée en pagne.

La réalisatrice a décidé de me trouver un moment âprement négocié, en raison du tournage de son cinquième documentaire qui lui prend tout son temps. ‘‘Ravie de te rencontrer, Arnaud’’ me dit-elle, alors que c’est moi qui suis convaincu de ma chance de rencontrer cette personnalité attachante. Loin, bien loin de ce tableau que la critique peint, agacée par ses légendaires prises de position sur les questions du racisme et des droits des femmes.

Ecrivaine, elle est l’auteure de ‘‘Racisme : mode d’emploi ’’, ‘‘Comment parler de la laïcité aux enfants’’, ‘‘À nous la France’’. En mars dernier, elle a sorti ‘‘Ne reste pas à ta place’’.  Elle a aussi réalisé plusieurs documentaires parmi lesquels Les Marches de la libertéLes Réseaux de la haine ou De Paris à Ferguson : coupables d’être noirs. Elle est aussi journaliste en Radio et Télévision.

Rokhaya Diallo est aujourd’hui un personnage médiatisé inscrit au cœur du débat public français. Elle éclaire d’une voix sincère et singulière ses prises de position et cela lui a valu le 21 janvier 2012, le Prix de la lutte contre le racisme et la discrimination de l’ONG internationale Conseil pour la Justice, l’Égalité et la Paix. Le 23 octobre 2014, elle est lauréate du prix #LabComWomen dans la catégorie Générosité. Le prix, créé par TF1 et Labcom récompense les femmes ayant un profil remarquable, actives et ambassadrices dans le digital.

En mars 2015, son documentaire Les Marches de la liberté, questionnant l’identité de la France sous le prisme de jeunes leaders américains, reçoit le Prix du meilleur film documentaire au Festival régional et international de Guadeloupe (FEMI). En 2016, lors de la cérémonie des European Diversity Awards à Londres, elle se voit remettre une distinction rendant hommage à son travail dans la catégorie « Journaliste de l’année ».

Impakt Info : Votre voix porte loin, bien au-delà, je pense, que vous ne l’imaginez.

Rokhaya Diallo : J’avoue que quand je vous ai rencontré et que vous m’avez dit que vous aviez eu connaissance de mon travail depuis le Rwanda, cela m’a étonné et beaucoup touché parce-que depuis Paris où je m’exprime la plupart du temps, j’ai du mal à me rendre compte de l’écho que peut avoir ma voix. C’est hyper touchant et cela m’encourage de savoir que dans différents pays africains, des personnes peuvent se sentir à la fois concernées par ce que je peux dire, touchées et avoir envie de me soutenir. C’est vraiment cool.

Impakt Info : Etre une fille à la fois du Sénégal et de Gambie, cela prédispose t-il à devenir une panafricaniste née ?

Rokhaya Diallo : Oui. En plus, porter un nom Peul, Diallo, peuple de nomades qu’on retrouve dans plusieurs pays, originaires d’Afrique de l’Est et plutôt aujourd’hui, présents en Afrique de l’Ouest donc, le fait de s’appeler Diallo implique une certaine conscience plurielle de l’Afrique. Je suis bien sûr panafricaine.

Impakt Info : Le Rwanda commémore les vingt cinq ans du Génocide perpétré contre les Tutsis, cela vous parle t-il ?

Rokhaya Diallo : Bien sûr que cela me parle, parce-que la France qui est le pays dont je suis citoyenne et qui est mon pays, a une part active, en étant complice du grave génocide de la fin du vingtième siècle et cette espèce d’indifférence, cette complaisance dans le déroulement d’un génocide qui a quand même duré trois mois, qui a causé un million de morts, c’est une tache indélébile dans l’histoire de la République française. Et de voir qu’il y a encore aujourd’hui des personnes comme Hubert Védrine qui sont à mes yeux des négationnistes et qui sont pourtant des personnes révérées en France, cela me heurte et j’estime que nous n’avons pas fait notre devoir de mémoire. La reconnaissance de la responsabilité de la France n’est toujours pas allée au bout. Emmanuel Macron n’est pas allé à la commémoration officielle le 7 avril dernier, jour de commémoration des vingt cinq ans du Génocide contre les Tutsis.

Impakt Info : Il a délégué quelqu’un…

Rokhaya Diallo : Oui, voilà ! Alors que c’est gravissime. Le fait qu’il ne s’y soit pas personnellement rendu, montre qu’il ne prend pas la mesure de la gravité de la tragédie qui s’est déroulée et le fait que notre pays était impliqué dans une forme de complicité. Je trouve cela malheureux.

Impakt Info : L’actuel Président Français est tout de même celui qui a décrété le 7 avril, journée nationale de commémoration du Génocide perpétré contre les Tutsis…

Rokhaya Diallo : C’est un pas. Evidemment, aujourd’hui, on n’est plus dans le déni des années quatre vingt dix ou des années deux mille, donc c’est une bonne chose que d’inscrire cette histoire dans notre patrimoine mémoriel français, mais maintenant je pense qu’il faut aller plus loin. Je pense que ce qu’il manque aujourd’hui, c’est le fait de le raconter, de le faire exister dans la littérature, la fiction, le récit du point de vue français qui mette aussi un nom sur ce qui s’est véritablement produit. Voilà ce que m’évoque le génocide. Et puis cette espèce d’imagerie caricaturale autour des Africains qui seraient plus sauvages que les autres, alors que l’on connait les racines coloniales des divisions qui ont été créées dans les différentes pseudos ethnies rwandaises, etc. Tout cela montre aussi que peut-être que le génocide a été accepté parce qu’il y a beaucoup de clichés sur les Africains avec une pseudo propension à plus faire la guerre que les autres. Ce n’est pas vrai.

Impakt Info : Comment voyez-vous le fait qu’Anne Hidalgo, la Maire de Paris ait consenti à consacrer une exposition rue Rivoli, sur les visages du génocide et même dans le Métro de Paris ?

Rokhaya Diallo : Vous me l’apprenez. Je ne le savais pas, pourtant j’habite à Paris. C’est bien. Symboliquement, l’Hôtel de Ville prend en charge une expo. Je trouve que c’est une charge symbolique forte, c’est une très bonne chose. C’est une reconnaissance importante et maintenant j’espère que cela va être accompagné de toute une pédagogie, d’un enseignement dans l’éducation nationale, dans la production filmique, cinématographique et documentaire. Vraiment, je salue Anne Hidalgo pour ce qu’elle a fait en termes de commémoration. C’est bien que les Parisiens pendant les trois mois de commémoration puissent voir les traces de cette histoire. Je salue aussi le Mémorial de la Shoah qui accueille je crois les archives du génocide et ça c’est bien. Je trouve que c’est beau. C’est beau symboliquement parce-que c’est un autre génocide, une autre tragédie du vingtième siècle, et c’est à Paris aussi, non loin de l’Hôtel de Ville.

Impakt Info : Rokhaya, je vous trouve douce, féminine, bienveillante et ce n’est pas tellement ce que l’on imagine rencontrer quand on prend rendez-vous avec vous. Est-ce une conséquence de vos prises de position et de leur interprétation médiatique et sur la place publique ?

Rokhaya Diallo : (Elle rit !) C’est vrai que… le sentiment que j’ai, c’est qu’il y a vraiment la construction d’un épouvantail, d’un personnage qui n’est pas vraiment moi, le personnage qu’il est facile de détester. C’est-à-dire qu’à partir du moment où l’on considère qu’une personne est problématique, le plus facile, quand on n’a pas forcément d’arguments pour déconstruire ses idées, c’est de la déshumaniser et de fabriquer une espèce de caricature qu’on peut vilipender en en faisant quelque chose de très négatif. C’est vrai que j’ai toujours été frappée de voir ce que l’on dit de moi par rapport à ce que je suis réellement. C’est pour cela aussi que ça ne me touche pas autant. Quand j’entends ce qu’on peut en dire, je ne me sens pas concernée. J’ai des défauts, évidemment, comme tout le monde, mais ce ne sont pas ceux qu’on associe à ma personne, quand on parle de moi dans la sphère publique. Il faut apprendre à vivre avec. Ce n’est pas toujours simple, c’est assez particulier, mais je m’en accommode aussi, parce-que je ne passerai pas ma vie dans l’espace publique. Dans ma vie quotidienne, je n’ai rien à prouver, les gens qui m’environnent m’aiment comme je suis. Elles savent que je ne suis pas la personne qu’on décrit. A titre personnel et individuel, ça va.

Impakt Info : Il faut avoir beaucoup de force pour le vivre et le décrire avec un tel détachement. Mais d’où vous vient donc cette force ?

Rokhaya Diallo : Bien, c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai eu envie d’écrire ce livre  Ne reste pas à ta place. Je voulais partager un petit peu les ressources que j’ai utilisées pour accomplir ce chemin. La première source de ma force, c’est ma famille, mes parents qui m’ont, dès l’enfance, donnée une articulation qui m’a vraiment permis d’être fière, tout simplement. De ne pas avoir honte de mes origines qu’elles soient géographiques ou sociales, de connaitre leur histoire, et puis de m’affirmer au fil de mon cheminement. Cela a été vraiment structurant, ça a été déterminant et je pense que cela m’a aidée à devenir l’adulte que je suis. Mes meilleurs amis sont ceux que j’ai eu au lycée, ce sont les gens qui m’accompagnent au quotidien, qui me connaissent depuis toujours. C’est en eux que je puise mes ressources. C’est cela qui me permet d’avoir du recul. Après, je ne vais pas vous dire que la première fois que j’ai lu quelque chose de dégueulasse, ça m’a pas fait plaisir. Au début, c’est blessant, on a envie de répondre et après on se rend compte que c’est une perte de temps que de répondre.

Impakt Info : On crée un engrenage…

Rokhaya Diallo : Exactement. Au lieu de consacrer du temps à son travail, à la recherche, à la formalisation d’idées, à la production, on passe du temps à répondre à des gens qui de toute façon sont de mauvaise foi. A partir du moment où on a compris cela, eh bien, on déploie son énergie différemment. La seule chose qui va parler pour moi, c’est mon travail. Les gens peuvent parler, dire ce qu’elles veulent. C’est mon huitième livre, j’ai réalisé quatre documentaires, j’en suis au cinquième. La vérité est dans mon travail. On peut se faire une idée à partir de choses tangibles. Après, on peut ne pas être d’accord avec mes idées, cela je peux le comprendre.

Impakt Info : Alors cette question : après quoi donc court Rokhaya Diallo ?

Rokhaya Diallo : (Rire) Je ne sais pas si je cours. En tous cas ce qui m’anime dans mon travail, c’est une volonté de justice. Je crois que c’est fondamentalement l’envie de rétablir certaines vérités, de permettre à des voix qu’on n’entend pas de s’exprimer. C’est cela qui m’a animée au départ et qui m’a conduite au métier de journaliste. Aujourd’hui, c’est la chance de naviguer entre un métier de journaliste très carrée et puis d’avoir la possibilité d’une écriture un peu plus créative. Je travaille dans la bande dessinée, je travaille avec des photographes, etc. C’est le fait de créer de nouveaux espaces et de nouvelles représentations, qui m’anime et qui me donne envie de poursuivre sur cette voie. Je ne dirai pas que je cours après quelque chose, mais en tous cas j’ai cette énergie qui me donne envie de documenter, de laisser des traces tout simplement. Je pense que nous sommes nos meilleurs archivistes. Il ne faut pas que cette histoire soit toujours racontée par ceux qui gagnent. Je n’ai pas envie que notre génération soit racontée de manière univoque par les gens qui ont passé le temps à aboyer sur nous. Je veux que lorsque l’on regardera l’époque actuelle, on puisse voir que des voix se sont élevées – évidemment je me place très en  humilité par rapport à toutes ces voix– qui ont raconté autre chose de cette époque.

Impakt Info : Les personnalités africaines qui vont dans le sens du rétablissement de ces vérités sont lesquelles d’après vous ?

Rokhaya Diallo : J’ai beaucoup d’admiration pour Aminata Traoré qui était Ministre de la Culture au Mali, et qui aujourd’hui est une femme engagée, une intellectuelle, une psycho-sociologue. C’est une des femmes dont le travail m’a éveillé, en me sensibilisant par rapport à la relation nord-sud. Je l’ai beaucoup lu quand j’étais adolescente. C’est une femme que j’ai eu la chance de rencontrer et d’interviewer. Elle est pour moi un exemple en termes de droiture, de pensée. Je pense aussi à Achille Mbembe qui est un intellectuel Camerounais qui décentre. Quand on le lit, ça met des gifles. Il provoque mais de manière très fine, très intelligente. Des gens comme Felwine Sarr qui est un économiste du Sénégal, qui a écrit Afrotopia. C’est un ouvrage très intéressant avec une vraie pensée panafricaine qui veut justement s’affranchir de la domination et du joug occidental, qui veut que l’Afrique se pense par elle-même et je trouve cela juste. Je pense au docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix, un médecin qui soutient les femmes de manière incroyable. Et après, il faut penser à la diaspora. Il y a des gens qui agissent au Canada, aux Etats Unis, en Europe, qui sont importants. Je pense à Cécile Kyenge qui était Ministre en Italie, d’origine Congolaise et Parlementaire européenne. Maryse Condé qui a eu le alternatif Nobel de littérature. Elle est Guadeloupéenne. Je pense que l’Afrique a des diasporas qui pèsent et qui comptent. C’est important.

Impakt Info : La réalité au jour le jour veut que, loin des concepts et des idées brillamment théorisés par ces illustres personnalités, ce soient les femmes et hommes d’Etats en fonction, au pouvoir qui soient aux prises avec le quotidien des gens. Sans tomber dans le ‘‘tous pourris’’ qui colle de plus en plus à la peau de nos politiques, y a-t-il une, deux personnalités qui, d’après vous, impactent positivement la vie de ses concitoyens ?

Rokhaya Diallo : J’ai eu la chance de rencontrer le Président du Ghana, Nana Akufo-Addo. Je ne connais pas bien la situation de ce pays, mais j’avais beaucoup apprécié le discours qu’il avait fait face à Emmanuel Macron, il y a quelques mois. Je l’ai remercié. J’avais trouvé cela très digne. C’est vers cela que l’on doit tendre. Et j’avoue que pour avoir été au Ghana, et avoir vu l’envie qu’il a de réunir la diaspora, et de faire du Ghana, le point de mémoire des gens dont les familles ont été déportés par l’esclavage, c’est très beau. C’est quelqu’un comme lui qui me donne envie d’Afrique. Il suscite une raison d’espérer. Je ne connais pas d’autres hommes et femmes d’Etat, mais en tous cas lui, je le trouve vraiment intéressant.

Impakt Info : Je ne sais pas si vous avez lu l’entretien qui précède celui-ci sur impaktinfo.com avec Amobé Mévégué, qui vient de créer WAN dans cet esprit de rassemblement de ces volontés. Ne pensez-vous pas qu’il soit plus que temps de réunir ces synergies qui parlent toutes de panafricanisme, agissent dans le bon sens mais avancent en singleton sur cette voie ?

Rokhaya Diallo : Je suis tout à fait d’accord avec la démarche d’Amobé Mévégué. Je pense que nous qui sommes nés en occident, nous ne devons pas avoir l’arrogance de croire que nous pouvons sauver le continent. Moi, j’ai la conscience du fait que bien qu’étant africaine, je ne connais pas le continent aussi bien que les gens qui y sont parce-que je n’y ai jamais vécu. Si je dois apporter une contribution, il faut que je le fasse à partir de l’endroit où je suis, en m’appuyant sur les connaissances des gens qui sont là-bas. Et une fois qu’on a bien compris qu’on n’y va pas dans une espèce de position supérieure, ou complaisante ou encore coloniale, je pense qu’on peut vraiment faire des choses. Chacun(e), à partir de l’endroit où il (elle) se trouve. Je  qu’il est temps. Un peu comme Opal Tometi, cette Américaine qui a lancé le hashtag black lives matter. C’est l’une des trois. Ses parents sont Nigérians, elle pense la question migratoire à un niveau global. Elle va souvent sur le continent, et c’est ainsi qu’elle sert de pont. Elle a su où se situer. J’aimerai bien être active en Afrique. Je ne demande que cela. Je n’ai pas eu la chance d’aller au Rwanda, mais on m’en dit énormément de bien et j’espère que l’occasion se présentera.

Propos recueillis par Arnaud Nkusi

 

Bibliographie de Rokhaya Diallo:

Crédits photos: Mario Epanya Le Parisien.fr  Clique.tv    Pétitions 24.net    France culture.fr     Impaktinfo.com

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Arnaud Nkusi

Le concepteur et rédacteur en chef de impaktinfo est journaliste professionnel. Il a présenté le 20 heures et les Journaux Radio, après quelques années de presse écrite. Fort de cette expérience qui s'étale sur près d'une vingtaine d'années,il décide de mettre la barre plus haut en initiant sa propre boite de production, Impaktinfo pour réhausser le niveau de la pratique du métier. En informant l'opinion publique avec des nouvelles positives, particulièrement en ce qui concerne les évolutions en cours en Afrique, tous domaines compris.

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5 Comments

  • Merci Arnaud de m’avoir fait découvrir cette Adama engagée pour la cause africaine. Puisse sa plume éclairer davantage mais surtout susciter la justice rien que la justice à l’endroit de la race noire.

    • Bonjour Sophie,
      C’est nous qui vous remercions de vous promener par ici et ensuite de prendre le temps
      de nous laisser un message.
      Merci d’envoyer ce lien http://impaktinfo.com/signe-rokhaya-diallo/ aussi loin que vous pouvez et de rester avec nous ici, à  »la maison ».

  • Je tiens à vous remercier Mr Arnaud pour des tels articles qui suscitent le goût à la lecture. Dans cette interview avec Rokhaya Diallo que je ne connaissais pas d’ailleurs et dont vous avez pris la peine de nous montrer les idéos ainsi que les ouvrages, je découvre une personne comme on aimerait les voir tous les jours. Pour son attachement à combattre pour la justice je dis chapeau. Du coup elle me laisse la question de savoir pourquoi, depuis longtemps on parle de la recherche de la justice et j’ai comme l’impression qu’on ne la trouve pas? Est ce qu’elle est aussi trop cachée que cela ou on ne s’y prend pas bien? Merci beaucoup

    • Bonjour Adrien Akilimali,

      C’est nous qui vous remercions pour votre fidélité à http://www.impaktinfo.com

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