Guerre des transactions : Comment le bitcoin est devenu une valeur de référence ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certaines monnaies « devises » ont plus de valeurs que d’autres? Par exemple, pourquoi si un Algérien veut faire affaire avec un Angolais, ils vont utiliser une valeur de référence pour évaluer le dinar algérien face au kwanza angolais ? Et pourquoi la valeur de référence choisie dans leur transaction sera une devise d’un pays autre que le leur ? 

L’algérien et l’angolais auront le choix entre le dollar, la livre sterling, l’euro, le franc suisse, etc. Jamais il ne leur viendrait à l’idée d’utiliser le guarani paraguayen ! De même, pour un Burundais faisant affaire avec un sud-Soudanais… Ils n’utiliseront jamais le dong vietnamien ! Et si un Argentin voyage au Rwanda, il ne viendra pas avec ses pesos argentins, il aura besoin d’une devise de référence. Par contre, si un américain ou un britannique débarque au Zimbabwe, il n’aura pas besoin du kwanza angolais ou du dinar algérien.

Alors qu’est-ce qui fait que certaines monnaies valent plus que d’autres ? La qualité et l’esthétique de la photo qui se trouve sur le billet n’est certainement pas le critère déterminant, sinon chaque pays afficherait sa plus belle miss et sa monnaie prendrait automatiquement de la valeur !  L’ancienneté de la monnaie n’est pas non plus un critère, sinon l’euro, apparu aux débuts de la décennie 2000, ne vaudrait pas plus que le yen japonais par exemple. Accordons-nous également sur le fait que ce n’est pas non plus la puissance militaire du pays en question, sinon la livre sterling britannique ne vaudrait pas plus que le rouble russe. 

Une autre idée ? Serait-ce la balance des exportations et importations ? Prenons le cas d’une devise d’un pays de l’Afrique de l’Est… L’Uganda exporte plus que son voisin le Rwanda mais pourtant le shilling ugandais est plus de 3 fois inférieur au franc rwandais. Est-ce le pétrole ? La devise du pays qui a longtemps été le premier pays producteur de pétrole, le riyal saoudien, vaut moins que l’euro. Récemment, les États-Unis sont devenus les premiers producteurs de pétrole devant l’Arabie Saoudite et la Russie. Pourtant, le dollar ne valait pas moins avant que les États-Unis ne prennent la première place.

Seraient-ce les réserves en or ?  Si c’était le cas, le rand sud-africain, autrefois premier producteur d’or dans le monde, vaudrait au minimum le double de l’euro. Bref ! Gagnons du temps et arrêtons de trouver des raisonnements rationnels au fait que, le franc suisse, le yen japonais, les dollars américain, canadien, singapourien ou australien, l’euro, le yuan chinois et quelques autres monnaies, sont «privilégiées » sur les marchés des échanges internationaux… Et le mot clé, c’est justement « les marchés internationaux », ou en d’autres termes : la « Bourse ». En effet, les devises qui découlent des bourses servent de référence dans les transactions internationales.

Et oui, tout se résume donc à la bourse ! Observez bien et vous verrez que dans ce monde capitaliste « tous les chemins mènent à Rome » comme on le dit si bien. Et la « Rome » actuelle, c’est la bourse.

Dans un monde globalisé, chaque pays ‘‘qui se respecte’’ a sa propre bourse. Les bourses de Shanghai, Tokyo, Paris, Frankfurt, Londres, New York, Sydney, etc. sont interconnectées, elles échangent, elles déterminent la valeur de différents produits, des entreprises, des matières premières. Et surtout, elles déterminent la valeur des devises de référence dans lesquelles ces produits sont échangés.

Ces bourses dictent la loi du marché. Elles déterminent ce que valent nos monnaies africaines, nos matières premières et autres produits d’exportation. Ignorer ce fait serait se voiler la face ! Se complaire dans la ‘‘politique de l’autruche’’ est tout sauf utile, si nous tenons à comprendre et surtout à évoluer dans le monde capitaliste dans lequel nous vivons.

Qu’on l’admette ou pas, les devises échangées sur ces bourses servent de référence pour les transactions internationales. Elles sont comme une sorte de « boussole » pour les pays qui n’ont pas de bourse et qui subissent la loi et les revers d’un marché qu’ils ne contrôlent pas. 

Mais comment font-ils pour attribuer  sa valeur à un produit donné ? La confiance est la valeur clé de la bourse. « On est mieux servi que par soi-même » dit-on. Il est clair que la bourse de New York accordera plus de valeur au dollar américain qu’au franc burundais, ou que celle de Paris accordera plus de valeur à l’euro et aux entreprises françaises qu’au kwacha zambien.

Pourquoi la bourse de Paris accordera-t-elle plus de valeur à un produit ou une entreprise belge qu’à un produit ou une entreprise congolaise ?  Là aussi, la réponse se résume en un mot : la confiance. La valeur boursière est dictée par la confiance que les investisseurs accordent à un produit, une entreprise, une devise, …ou une crypto monnaie. C’est-à-dire que si les investisseurs accordent plus de confiance au bitcoin qu’au peso argentin, il pourra alors servir de valeur de référence.

Mais comment se fait-il que ces pays aient des bourses qui dictent (parfois) « injustement » le marché ? Cela semble injuste, n’est-ce pas ? Injuste peut-être, mais c’est surtout réel. Je propose que, dans le cadre de notre réflexion, nous restions en dehors des jugements de valeur, car, que cela soit injuste ou pas, on n’y peut rien ! Nous ne menons pas cette réflexion pour jouer les Avengers, mais plutôt pour comprendre et surtout  ‘‘ tirer profit ’’ de la réalité, aussi triste soit-elle…

Alors pourquoi certains pays ont-ils des bourses et pas d’autres ? Sans faire de longues leçons d’histoire, rappelons que ces pays « boursiers » sont les anciens alliés de la Guerre Froide, opposant le bloc capitaliste au bloc communiste. Le bloc capitaliste, sorti vainqueur de la Guerre Froide est donc celui qui impose la loi. Sa loi est celle du marché, comme son nom l’indique : c’est une loi «capitaliste ». Le capital est géré à la  bourse et celle-ci évalue la valeur des produits, des pays, des entreprises, selon la confiance que ceux-ci lui inspirent. Dans le monde capitaliste dans lequel nous vivons, tous les chemins mènent donc à la bourse. 

Mais alors, que viennent faire les cryptomonnaies dans cette réflexion ? Comme vous l’aurez peut-être déjà remarqué, la force de ces cryptomonnaies, c’est qu’elles sont échangées à la bourse. Les développeurs de ces cryptomonnaies sont arrivés à inspirer suffisamment confiance aux investisseurs. Par la force des choses,les cryptomonnaies se sont retrouvées sur des plateformes de trading, à côté de la section Forex (marché sur lequel les devises dites convertibles sont échangées). Ainsi, posséder 1 bitcoin vaut mieux que posséder 1 kwanza angolais, car le kwanza angolais a beaucoup moins d’attractivité sur les plateformes de change, il inspire bien moins confiance.

Le bitcoin est ainsi devenu une monnaie de référence qui n’est pas garantie par un État, mais par les plateformes de change. Concrètement, le bitcoin a une valeur réelle par rapport aux devises de référence que sont l’euro et le dollar. Je vous laisse digérer ce fait fondamental : le bitcoin est convertible et n’est pas garanti par un État mais par les plateformes de change. Dans le prochain article, je vous expliquerai pourquoi vous vous êtes toujours senti exclu de la bourse et des plateformes de change, et en quoi le bitcoin vous offre une opportunité exceptionnelle d’y pénétrer puisqu’il n’a pas de territorialité.

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