Exact!

Extraordinaire époque que celle que nous vivons ! C’est un moment de l’histoire où les humains n’avaient jamais été aussi proches par tous les ‘‘câblages’’ technologiques visibles ou non d’une part. De l’autre, avons-nous un jour été si proches et pourtant si loin ? Pris.e.s chacun.e.s dans l’engrenage d’un quotidien particulièrement exigeant. S’en défaire un tant soit peu et donner un bout de son précieux sésame –le temps– à autrui relève du luxe que nous ne nous autorisons pas tous. Et peut-être même de moins en moins. J’estime cela comme le plus grave manquement. A soi d’abord et à autrui ensuite. C’est exactement l’erreur à ne pas commettre : ne pas voir, ne pas entendre. S’enfermer sur soi et ses petits intérêts au point d’être sourd et aveugle aux appels de l’autre dans le besoin. Nous sommes cet autre dans le besoin. 

En avons-nous conscience ? Oui, me répondrez-vous d’emblée. Qui ne sait pas cela ? Quasiment personne, serai-je tenté de dire. C’est ici que se pose la question principale : alors, pourquoi n’arrivons-nous pas à inverser la tendance ? Est-il réellement possible de faire quoi que ce soit pour changer le cours actuel des évènements ? Il y a autant de réactions que d’individus. Chacun.e est affecté.e et a, consciemment ou non, la solution à cela. Même si les conditions sanitaires se sont invitées dans notre vie à tous à l’échèle mondiale et dans des proportions que nous n’avions pas imaginées. Secoués et quasiment logés à la même enseigne. Cela est entrain de durer bien plus que la plupart des prévisions. Que faire ? Être solidaires. Pas solitaire ! Tendre la main pour apporter son aide. La tendre aussi pour recevoir des autres. L’autre, c’est nous, je le redis au risque de me répéter.

Encrer cela dans notre esprit individuel et collectif est à mon sens, l’essence même de la sagesse. L’autre, c’est notre semblable. Que nous le voulions ou non, nous sommes interdépendants. La nature est ainsi faite. Seul.e nous allons peut-être vite, ensemble, nous allons sans doute plus loin. Cette assertion n’est pas de moi. Elle est aussi populaire qu’elle énonce une réalité. Nous le savons, c’est vrai, mais cela suffit-il à ne pas nous faire basculer dans la partie de ceux qui tirent la couverture de leur côté ? Cette attitude égoïste ne prend elle pas de l’ampleur justifiant notre choix éditorial de cette rentrée 2021 ? Même si notre dépendance les uns vis-à-vis des autres est bien souvent inconsciente, il n’en est pas moins vrai que sans les autres, nous ne sommes pas grand-chose et vice versa. Il faut juste se le rappeler constamment pour ne laisser personne au bord de la route. 

En parlant de personne au bord de la route, combien serions-nous à prendre à bord de notre véhicule, un écolier éreinté par des heures de cours, affamé et qui pourrait même aller dans la même direction que nous ? Et cette autre personne qui, à l’arrêt bus voit les heures filer sans que le bus n’arrive et qui est fatiguée d’attendre et de prendre du retard sur son programme ? Ces exemples peuvent paraitre banals, mais l’indifférence de l’humain à l’humain ne prend son essence que dans ce qui justement parait anodin et de fil en aiguille, l’attitude grandit. D’un individu, l’habitude de ‘‘ne pas voir’’ et ‘‘ne pas entendre’’ passe à un autre, puis à d’autres. L’effet boule de neige a vite fait de se démultiplier. C’est la construction d’une ‘’ normalité ’’ pourtant anormale ! Où est la solidarité ? demande Youssou N’dour dans un des ses titres militants pour plus d’humanité.

Echanger sur cette préoccupation de notre temps lors de nos conversations, d’émissions de télévision et/ou de radio, ou encore de podcast nous permet de prendre conscience d’une réalité qui n’est guère une fatalité. Nous pouvons y apporter notre touche de créativité en étant plus attentif, plus empathique, plus à l’écoute, plus disponible. L’indifférence à l’appel d’autrui se banalise. Chacun.e est occupé.e à ‘‘ses affaires’’ estimant que s’il.elle ne s’y adonne pas assez, personne ne le fera à sa place. Ce n’est certes pas faux, cependant cette crainte légitime ne serait-elle pas nourrie elle aussi par cette atmosphère ambiante du ‘‘ chacun pour soi ’’ ? La vie à chaque instant  pourtant, nous démontre notre interdépendance. Il y a des signaux partout mais savons-nous les lire ? Ça clignote de partout, mais voulons-nous les voir, y réagir ?

Etrange sentiment lorsque nous voyons des migrants Haitiens pourchassés au Texas, à la frontière d’avec le Méxique, près du fleuve Rio Grande par des gardes-frontières sur leurs grands chevaux. La méthode est plus que musclée et les images diffusées par les médias sont insoutenables pour qui a une once d’humanité ! Á quelque chose malheur est bon, pourtant. Ces images servent hélas à nous rappeler la triste réalité du monde dans lequel nous vivons. Sa cruauté implacable. Celle-ci va un tant soit peu questionner notre sens de l’humanité et nos méthodes d’inclusion ou d’exclusion, selon notre choix. Les exemples sont foison et cela n’arrive pas qu’aux autres. Nous ne sommes pas à l’abri du besoin. Du plus évident à celui que nous étions loin d’imaginer. Logés à la même enseigne, mais juste à des niveaux différents.

Etre réaliste aujourd’hui, c’est garder à l’esprit notre interdépendance. Nous avons tous le besoin vital de l’autre. Nul ne peut ni ne doit essayer de s’y soustraire, ce serait aller contre nature. Je me répète ? Il y a de quoi ! Je pense qu’il y a une telle nécessité que l’Education Nationale dans tous les pays du monde devrait inclure dans les programmes scolaire et académique un civisme et une hygiène de la pensée qui forment la jeunesse à plus d’attention à l’autre, semblable à soi. Puis ensemble, prendre soin de notre environnement fait d’humains de flore et de faune. C’est un impératif ! Il n’est plus possible de continuer à nous en détourner. 

Notre profit passe forcément par le fait de tenir compte de l’autre. Autrement, la branche sur laquelle nous sommes assis et que nous scions sciemment ou non va finir par tomber et nous avec ! Exact ?

Dites-nous ce que vous en pensez, dans la partie réservée à vos observations (Envoyez un commentaire). Vous pouvez aussi être témoin de générosité, de partage, de solidarité, de fraternité. Alors, racontez-nous vos anecdotes. Vos histoires nous intéressent tant qu’elles sont porteuses d’espoir, de raison d’être ou de rester optimiste. Á vos plumes donc.

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10 Comments

  • C’est en effet la triste réalité que nous vivons aujourd’hui!
    Nous avons le devoir humain d’y rémédier immédiatement!
    Mais comment le faire?
    En parler haut et fort?
    L’écrire dans toutes les langues et le diffuser le plus loin possible?
    Mais surtout donner l’exemple en le faisant autour de nous!

    • Bonjour Cécile Kayirebwa,
      Merci de donner votre point de vue. Oui, pour le dire et vivre ce que l’on dit pour prêcher par l’exemplarité.

      Merci d’être avec nous ici, sur tous nos réseaux sociaux et sur notre chaine YouTube.

  • Triste vérité mais triste réalité.
    Je m’interroge souvent lorsque je vois attablé dans un restaurant 4 personnes toutes au téléphone.
    Personne ne parle mais écrit aux absents.
    L’autre est virtuel et loin ou non d’ailleurs.
    On profite moins du temps présent des gens présents.
    La nouvelle position du monde :tête baissée!
    Le pouce sur un écran à balayer tous les sujets en quelques secondes.
    Il faudrait lever la tête et prendre le temps d’écouter et soigner les autres, le monde …

    • Bonjour De Fages de Latour
      Bienvenue sur Impakt Info.
      Merci pour votre présence et votre réflexion!
      Un bel enrichissement et une belle invitation pour toutes celles et ceux
      qui nous lisent, vous et nous et de qui nous attendons les points de vue et partages d’expériences.

      Restez avec nous ici, sur tous nos réseaux sociaux et sur notre chaine YouTube.

  • Vous avez totalement raison, Arnaud.
    Très proches mais si séparés !!!
    Nous sommes tous interpellés et nous sommes capables.

    • Bonjour Rudahunga Karaha,
      Merci d’être de plus en plus présent et réactif.
      Merci pour vos partages de nos liens. Vous portez ainsi plus loin la réflexion et le débat d’idées.

      Restez avec nous ici, sur tous nos réseaux sociaux et sur notre chaine YouTube.

  • Triste constat.
    Mais hélas, triste réalité.

    • Bonjour Ngalu Loshi Rwasamanzi,

      Bienvenue sur Impakt Info.
      Merci de venir lire et partager votre ressenti ici.
      Merci de partager nos liens avec votre entourage.

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  • Belle analyse qui illustre bien la société actuelle. Plus de place pour le partage. Nous sommes formaté à être centrés sur nous même. Je pense humblement que nous devons nous faire violence et nous sortir de cette routine pour s’ouvrir aux autres et au monde.

    • Bonjour Celesta Uwase Rwasamanzi,
      Bienvenue sur http://www.impaktinfo.com
      Merci de vous exprimer ici et de partager nos liens.

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